Depuis les années 1990, les populations d’oiseaux connaissent un fort déclin. Plusieurs causes ont été mises en évidence comme le réchauffement climatique ou encore les pressions anthropiques (l’artificialisation, la pollution, la fragmentation des habitats, etc.). Ces facteurs peuvent se combiner, notamment dans les grandes métropoles, amplifiant la chute des populations.
Pour lutter contre ce phénomène, le Muséum National d’Histoire Naturelle en partenariat avec la Fédération Française de Golf ont mis en place le programme : Golf pour la Biodiversité, qui vise à intégrer et à protéger la biodiversité au sein des golfs. Ce programme comporte trois niveaux de labellisation : Bronze, Argent et Or. Le label Bronze, le plus accessible, nécessite la réalisation d’inventaires standardisés sur plusieurs groupes : les oiseaux, la flore, les Odonates (libellules et demoiselles) et les Rhopalocères (papillons de jour). Ici, nous présentons les résultats concernant l’avifaune dans le cadre du label Bronze, réalisés par Fredon Île-de-France.
Paramètres étudiés sur l’avifaune
Les inventaires ont été réalisés selon le protocole d’Indice Ponctuel d’Abondance (IPA). Puis, à partir de la richesse spécifique, et de deux indices de diversité : l’indice de Shannon et l’indice de Simpson, nous avons pu comparer la diversité aviaire entre golfs.
L’indice de Shannon nous permet de comparer les diversités spécifiques relatives, sensibles aux espèces rares. Alors que l’indice de Shannon permet également de mesurer la diversité mais est sensibles aux espèces ayant une dominance sur l’écosystème.
Résultats sur l’avifaune
Pour l’avifaune des golfs d’Ile-de-France, la richesse spécifique n’a pas montré de résultats significativement différents de la moyenne* calculée sur l’ensemble des 12 golfs étudiés.
En revanche, l’indice de Shannon, qui aide à établir l’équilibre d’un écosystème ainsi que l’abondance relative des espèces, nous a aidé à révéler que les golfs de Villennes-sur-Seine et de Fourqueux semblaient significativement différents. En effet, l’indice de Shannon du golf de Villennes-sur-Seine paraissait significativement inférieur à la moyenne* alors que celui du golf de Fourqueux semblait significativement plus élevé par rapport à la moyenne*.
Ainsi, cela implique que les communautés écologiques du golf de Villennes-sur-Seine sont significativement moins diversifiées en comparaison à la moyenne*. À l’inverse, celles du golf de Fourqueux le sont davantage.
Pour l’indice de Simpson, les golfs de Fourqueux et de Rochefort ont semblé montrer des indices significativement plus élevés que la moyenne*. Ainsi, cela implique que les communautés écologiques de ces deux golfs seraient significativement plus diversifiées face à la moyenne*.
* Pour chaque indice, une moyenne a été calculée à partir des 12 golfs de notre échantillon.
Discussion sur les résultats sur l’avifaune
Nos résultats peuvent s’expliquer de plusieurs manières.
En effet, les modes de gestion des espaces naturels peuvent différer entre golfs. Par exemple, le golf de Fourqueux pratique davantage les fauches tardives, permettant l’augmentation des populations d’insectes et ainsi l’augmentation les ressources nutritives pour les oiseaux insectivores. De plus, ces parcelles constituent des zones de nidification pour les oiseaux nichant à même le sol comme l’Alouette des champs (Alauda arvensis).
Il y a également la connectivité écologique avec les trames vertes et bleues qui peuvent différer entre golfs. C’est le cas entre ceux de Villennes-sur-Seine et de Fourqueux. En effet, le golf de Villennes-sur-Seine est bordé par l’autoroute A13 augmentant la probabilité de collision avec la faune et fragmentant les habitats. À l’inverse, le golf de Fourqueux est bordé par un réservoir de biodiversité (la forêt domaniale de Marly), qui favorise la diversité aviaire.
La diversité des habitats peut également influencer la composition des communautés aviaires. Par exemple, les golfs de Fourqueux et de Rochefort, composés d’habitats plus variés que le golf de Villennes-sur-Seine, peuvent accueillir une plus grande diversité d’oiseaux et ainsi favoriser l’installation d’espèces spécialistes.
Limites de l’étude
Néanmoins, le manque d’échantillonnage dans cette étude limite la robustesse des résultats. Pour renforcer la validité statistique, il serait nécessaire d’augmenter :
- Le nombre de golfs étudiés,
- Le nombre de points d’écoute par golf,
- Et, la répétabilité
Enfin, il serait pertinent de mettre en relation la diversité aviaire avec les pratiques de gestion d’ans une approche statistique intégrée.